Le cours de citoyenneté dans les écoles… Pour ou Contre ?

By on 23 novembre 2021

En fédération Wallonie-Bruxelles, les élèves de l’enseignement obligatoire ont la possibilité, depuis 2017, de suivre un cours de philosophie et de citoyenneté en complément ou à la place du cours de religion (ou de morale). Ce cours se pourvoit de plusieurs objectifs : 1° promouvoir le « vivre ensemble » ; 2° permettre aux élèves de connaître leurs droits et leurs devoirs de citoyens ; 3° développer une approche éthique et philosophique sur des sujets de la vie quotidienne.

Ce cours est prometteur puisqu’il encourage, enfin, les jeunes à comprendre la société dans laquelle ils vivent en identifiant, par exemple, les valeurs de la démocratie qui nous sont chère chez les jeunes MR. Seulement voilà, comme toute mesure, il peut y avoir quelques inconvénients…

Une des premières questions qu’il nous semble important de souligner est la suivante : pourquoi ce cours est-il optionnel ?

En effet, tous les élèves ne sont pas logés à la même enseigne par rapport à ces apprentissages, pourtant fondamentaux ! Dans tous les réseaux d’enseignement, à l’exception du libre confessionnel catholique (supervisé par le SEGEC), une période de cours de religion ou de morale s’est vue remplacée par une période (obligatoire) de citoyenneté. Pour la deuxième période, les enfants (et leurs parents) ont le choix entre une période de religion, de morale ou de citoyenneté.

Nous trouvons dommage que tous les élèves ne puissent pas bénéficier d’une telle opportunité. En effet, le programme de ce « nouveau cours » permet tellement de choses positives pour les apprentissages des jeunes que nous aurions préféré qu’il s’ajoute à la grille des cours.

Ensuite, comme nous l’indiquions ci-dessus, les écoles qui dépendent du SEGEC, elles, n’ont pas prévu ce cours dans leurs programmes. Les enseignants de toutes les matières doivent, dès lors, instaurer de la citoyenneté à leurs leçons. Nous savons que plus de 60% des élèves sont inscrits dans un établissement de ce type[1], cela signifie donc que ces élèves apprennent, de manière transversale, des choses qui sont dédiées à un cours dans le réseau officiel. Nous regrettons ce point.

La deuxième question que nous souhaitons souligner est la suivante : Comment un cours, avec de telles notions, a-t-il pu être qualifié de « Cours de Rien » ?

Nous pensons, à l’instar des députés MR du parlement de la FWB, que cette dénomination peu encourageante est à l’origine du manque d’attrait pour cette nouvelle branche. En effet, en tant que parent, souhaiteriez-vous inscrire votre enfant dans un cours où l’on apprend « rien » ?

Nous l’avons précisé ci-devant, les thématiques abordées dans le cours de citoyenneté sont porteuses de sens. C’est pourquoi nous estimons qu’un tel cours doit continuer à se développer dans les établissements scolaires. Nous savons ô combien les jeunes ont tendance à se désintéresser de la vie démocratique, ils savent qu’ils ont des droits, mais ignorent lesquels, ils savent qu’ils ont des devoirs, mais ignorent lesquels, ils n’osent pas prendre la parole là où ils pourraient, et cela nous désole… Au-delà de toute considération politique, d’ailleurs.

C’est pourquoi, aux Jeunes MR, nous plaidons pour une revalorisation de ce cours de philosophie et citoyenneté. Encourageons nos élèves à découvrir le monde qui les entoure, tout en leur permettant un développement personnel. Aidons-les à comprendre le fonctionnement de la démocratie, tout en les accompagnant dans leur réussite.

Le « Pacte Pour un Enseignement d’Excellence » envisage de développer ce genre de compétences, poursuivons le travail entamé pour favoriser la réussite des jeunes dans leur vie future.

Nous encourageons les députés à défendre le droit à une instruction (et nous souhaitons préciser « instruction de qualité »).

 

Nathan Eynatten
Délégué Jeunesse, enseignement,
vie étudiante et formation des Jeunes MR

[1] Statistiques issues de Indicateurs de l’enseignement, FWB enseignement, 2020, page 82