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News | Élection du président du parlement européen : Is Guy the right guy ?

Ce 17 janvier, les députés européens devront élire le nouveau Président du Parlement européen pour les deux prochaines années et demie. En effet, après deux mandats d’une durée totale de cinq ans, Martin Schulz (Alliance progressiste des socialistes et démocrates européens- S&D), a décidé de ne pas se représenter. Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et actuel président de l’Alliance des Démocrates et Libéraux européens (ALDE) est en lice pour le remplacer.

La décision de Martin Schulz est directement liée aux futures élections fédérales allemandes. En effet, il devrait se présenter comme député dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie au Bundestag. Il pourrait également prétendre au poste de Ministre des Affaires étrangères, poste occupé actuellement par un socialiste, Frank-Walter Steinmeier, lui-même appelé à devenir Président de la République fédérale d’Allemagne. Enfin, les rumeurs vont bon train quant à son intention de devenir le prochain Chancelier. Il aura fort à faire pour contrer la popularité d’Angela Merkel, quelque peu en perte de vitesse mais encore fort plébiscitée, mais surtout contre la montée du parti d’extrême droite eurosceptique, Alternative für Deutschland (AfD), qui pourrait devenir le troisième parti du pays.

Si nous devions réaliser un bilan des 5 ans de mandats de Martin Schulz à la tête de l’institution législative européenne, il serait pour le moins contrasté. Il est indéniable qu’il a contribué à améliorer la visibilité du Parlement dans les grands dossiers internationaux ; son intervention afin d’éviter l’échec du CETA aura été décisive. Martin Schulz aura cependant du mal à se distancer du camouflet que représente le Brexit pour tous les européistes convaincu. La crise des migrants restera également comme un dossier majeur dans lequel la lourdeur administrative européenne a démontré toute sa lenteur et son incapacité à réagir à des situations à la fois urgentes et complexes. On lui aura également reproché d’étouffer les débats au sein du Parlement européen mais surtout de son propre parti, faisant passer avant tout la « Grande alliance » entre l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates européens (S&D) et le Parti Populaire européen (PPE). Grande Alliance qui est aujourd’hui en lambeaux.

Dans ce contexte pour le moins tendu, la présidence du Parlement devrait se jouer principalement entre trois candidats. Antonio Tajani, député italien du PPE, Gianni Pittella, député italien S&D et enfin Guy Verhofstadt, actuel président de l’Alliance des Démocrates et Libéraux européens(ADLE). À noter que les députés européens britanniques malgré le Brexit seront également appelés à voter. Le candidat des Verts européens est d’ailleurs Britannique. Un peu de surréalisme au pays de Magritte, cela ne semble gêner personne.

L’ancien Premier ministre belge jouit à la fois d’une belle réputation auprès des dirigeants européens de la Commission européenne et du Président Jean-Claude Juncker lui-même. Il a également été nommé négociateur en chef du Parlement européen pour le Brexit, reflétant la confiance que lui accordent ses pairs. Son aura auprès du grand public est indéniable et ses envolées lyriques dans l’hémicycle européen passent rarement inaperçues sur les réseaux sociaux. Guy Verhofstadt se présente comme le possible trait d’union entre une gauche qui s’éloigne du centre et un PPE qui s’isole comme défenseur d’une austérité dure aujourd’hui décriée.

Toutefois, Guy Verhofstadt s’est vu longtemps reprocher son idéalisme, voire sa vision utopique d’une Europe fédérale aux dépens d’un certain pragmatisme, nécessaire pour occuper des postes clefs dans un environnement où les alliances priment. L’ADLE est aujourd’hui le quatrième parti européen derrière les conservateurs. L’idéalisme de Guy Verhofstadt a récemment viré à l’opportunisme, à l’étonnement général. L’ancien Premier ministre belge a récemment tenté de rapatrier au sein de l’ADLE le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, parti italien populiste à la limite de l’europhobie. Guy Verhofstadt s’est alors vu tancé par la presse mais surtout opposer un refus catégorique de la part des députés ADLE, pas très enclins à croire au revirement d’opinion de Beppe Grillo.

Toutefois, l’aura du belge et sa compétence reconnue en matière d’affaires européennes, pourraient bien lui permettre de tirer son épingle du jeu pour remporter la présidence, profitant en plus des tensions entre les deux grosses formations du Parlement européen et d’une volonté de la gauche européenne de garder un semblant de pouvoir sur le perchoir de l’hémicycle. Cette volonté pourrait voir le candidat socialiste Gianni Pittella se retirer, assurer de perdre face au candidat du PPE, au profit de Guy Verhofstadt. Ce dernier a d’ailleurs lui-même appelé sur Facebook les concitoyens européens à contacter leurs députés (appelés souvent « MEP» pour « member of the European parliament ») afin de les inciter à voter pour sa candidature.