Réaction des Jeunes MR │Nous sommes devenus la « Génération Maelbeek »

Publié le 23 mars 2016


Vous êtes ici : > Communiqués de presse > Réaction des Jeunes MR │Nous sommes devenus la « Génération Maelbeek »

Après les attentats de Paris en novembre dernier, la France a sa « Génération Bataclan ». Depuis hier, la Belgique a sa « Génération Maelbeek ».

Notre pays restera longtemps marqué par la tragédie du 22 mars 2016. Les dégâts physiques sont encore visibles au lendemain de ces attentats. Que l’on soit à Zaventem ou à Bruxelles-Ville, les stigmates de la barbarie sont partout. Ils défigurent les murs et jonchent le sol. Ils témoignent de la violence de ces attaques ; de la haine qui rongeait leurs auteurs. Et si viendra le jour où nous nettoierons ces blessures physiques, la plaie que le terrorisme a taillée dans l’esprit des citoyens belges et européens demeurera encore vivide.

Plus que jamais, la jeunesse d’aujourd’hui sera celle qui a grandi avec le terrorisme islamiste. Les plus anciens se souviennent des images terribles de ce 11 septembre 2001 où le monde avait les yeux rivés sur les États-Unis. L’attaque du Wall Trade Center ne fut que le prélude d’une série d’attentats plus meurtriers les uns que les autres aux quatre coins du globe, de Tunis à Paris, de Bamako à Copenhague, de Beyrouth à – depuis hier – Bruxelles. Les lieux et les cibles choisis ne sont pas anodins. Ils représentent un idéal de vie insoutenable pour les terroristes, un idéal qui aspire à la LIBERTÉ. Celle qui s’écrit en majuscule. Celle qui embrasse la liberté de penser, la liberté de s’exprimer, la liberté de croire, la liberté de critiquer, la liberté de se déplacer, la liberté d’aimer. Bref, la liberté de vivre.

Hier, nous sommes devenus la « Génération Maelbeek ». Les attentats de Bruxelles nous ont montré à quel point notre LIBERTÉ était menacée. Nous, les jeunes, qui sommes nés loin des autoritarismes, assistons de façon incrédule à l’érosion de nos certitudes. Nous n’avions connu la guerre qu’à travers nos manuels scolaires et notre écran de télévision. Aujourd’hui, nous découvrons que les bombes peuvent aussi exploser à deux rues de notre foyer. C’est un constat déstabilisant. Qui peut même sembler décourageant. Et pourtant, ce choc doit pousser la jeunesse à défendre les valeurs des Lumières dont elle a héritées. La jeunesse doit saisir l’opportunité, aussi, de réinventer notre société et notre démocratie. Cela ne veut pas nécessairement dire qu’il faut effacer l’ardoise car il faudra impérativement revenir à nos fondamentaux. Mais la spontanéité et la créativité de la jeunesse seront sans aucun doute le moteur d’un nouveau monde.

Nous sommes la « Génération Maelbeek » car notre avenir sera indiscutablement forgé par ce qui s’est passé ce mardi 22 mars 2016. Ceux qui ont lu 1984 de George Orwell savent ce que cela signifie. Dans les semaines et les mois qui viennent, le monde politique tracera les contours de la société de demain. Les grands arbitrages se feront afin de définir quelle marge nous laisserons aux libertés individuelles ; quelle place nous donnerons à la Sécurité des citoyens. Ce moment charnière n’aura jamais été aussi capital et il n’y aura aucun débat futile. Aucun. Il demandera à chacun d’entre nous de garder la tête froide dans un jeu d’équilibre presque impossible entre le « tout-sécuritaire » et l’immobilisme funeste. À nous, les jeunes, de ne pas rester à l’écart des discussions.

Nous sommes la « Génération Maelbeek », à l’instar du ruisseau bruxellois qui a donné son nom à la station de métro et également à la commune de Molenbeek. Molenbeek deviendra le symbole du combat de notre génération. Laissons à nos aînés le soin de faire le bilan de leurs erreurs ! À quoi bon s’épancher dans les médias sur les « vingt ans de laxisme » à Molenbeek, nous qui n’étions que des mômes à cette époque ? Les inlassables analyses répétées en boucle ne servent qu’à ceux qui n’ont pas les moyens d’agir. Et l’inaction est ce qui a fait de Molenbeek ce qu’elle est aujourd’hui : le – faux ? – symbole de nos échecs. Que l’inventaire soit court ; mettons plus d’énergie à avancer et à nous reconstruire. Ensemble. Car, à côté de la criminalité et du radicalisme religieux, coexistent de nombreux jeunes qui souffrent et continueront de souffrir de la façon dont est dépeint leur quartier. Nous ne les oublions pas. Mieux, nous leur tendons la main. Nous voulons les aider à s’affranchir de la réputation de leur commune.

Nous sommes la « Génération Maelbeek » car, comme le ruisseau bruxellois, nous sommes l’eau qui dort et qui devra, tôt ou tard, se réveiller. À ce moment-là, le ruisseau deviendra rivière. Et la rivière deviendra fleuve. Nous déverserons notre soif de LIBERTÉ à travers toute la société belge et européenne ; emportant, avec elle, la peur et l’obscurantisme. Alors, comme notre Génération sera également source de vie, source de joie et source d’espoir, nous arrosons les graines des générations qui nous succéderont afin que germent en eux les valeurs de liberté et d’humanité qui nous animent. Il n’a jamais été aussi urgent pour la « Génération Maelbeek » de s’engager citoyennement ! Les jeunes sont créateurs d’opportunités ; ils doivent animer le débat public. Les attentats de Bruxelles nous ont pris des vies humaines ; ils nous ont pris une certaine innocence. Mais ils n’ont pas pu nous prendre notre détermination à vivre libres.