Carton bleu des Jeunes MR │Réduction du temps de travail : le DéFI de se démarquer à gauche…

Publié le 19 janvier 2016


Vous êtes ici : > Carton bleu > Carton bleu des Jeunes MR │Réduction du temps de travail : le DéFI de se démarquer à gauche…

C’est avec beaucoup d’étonnement que les Jeunes MR ont appris la volonté de Didier Gosuin (DéFI, ex-FDF) d’appliquer la réduction du temps de travail à Bruxelles-Propreté en imposant la semaine de quatre jours, sous la bénédiction de la Ministre de tutelle Fadila Laanan (PS). Avec cette proposition, les anciens FDF rejoignent le grand chantier de réflexion de la gauche sur le sujet. Un sacré coming out pour les Amarantes qui prétendent, non sans une certaine fierté, être le seul parti à soutenir une telle mesure, pourtant défendue depuis des années par le PTB, Ecolo, quelques membres du PS et les syndicats.

Chez les Jeunes MR, nous regrettons que le Ministre de l’Emploi bruxellois adopte une politique qui ne vise pas à créer de nouveaux emplois mais à partager ceux qui existent déjà. Quel aveu de faiblesse ! Alors que la lutte contre le chômage dans la Région bruxelloise devrait être une priorité, surtout pour les jeunes (26,8% chez les 18-25 ans), le Gouvernement PS-cdH-DéFI préfère « gérer » le manque d’emplois à Bruxelles plutôt que de résoudre le problème. Le dernier rapport du Conseil Supérieur de l’Emploi (CSE) le montre d’ailleurs très clairement : la réduction de travail sans adaptation des salaires a un effet nul sur l’emploi, tout en amplifiant les coûts de l’entreprise qui voit le nombre d’employés augmenter pour une même masse de travail.

Au final, la réduction du temps de travail est une solution du siècle passé. À la fin des années 90, les politiques pouvaient se permettre de se demander si, en Belgique, nous devions passer à la semaine de quatre jours ou aux 35 heures comme cela a été fait en France. En 2016, les Jeunes MR estiment que le temps de travail légal doit impérativement avancer dans le même sens que notre société. Face à l’ubérisation inévitable de notre économie, nous devons adapter notre façon de concevoir le monde du travail dans l’objectif d’être préparés à cette évolution et ne pas la subir de plein fouet. Bien évidemment, nous estimons qu’un cadre doit subsister pour protéger les travailleurs et éviter les abus. Mais celui-ci doit permettre une vraie flexibilité, autant pour l’employeur que pour l’employé. Cela passera d’abord par un plafond d’heures de travail « à l’année » qui correspondrait mieux à la fluctuation des commandes, sans pour autant être unique à tous les secteurs de notre économie; au contraire, ce cadre s’adapterait aux spécificités du secteur concerné, ce qui pourrait être négocié avec les partenaires sociaux.

En marge d’un changement de mentalité concernant l’Emploi, les Jeunes MR continuent de plaider pour une amélioration de la formation des travailleurs de demain. Si Didier Gosuin ironise sur l’idée de former les demandeurs d’emploi sous-qualifiés, nous estimons que, pour beaucoup, il s’agit d’une étape incontournable à leur insertion dans la vie professionnelle. Permettre à des jeunes de quitter l’enseignement sans qualification, c’est les condamner au chômage et à la pauvreté. Nous rappelons que la Belgique est le troisième pays européen avec le plus d’emplois vacants (83.000 en 2014) et qu’il n’existe aucune solution miracle à ce problème, si ce n’est une formation pour les demandeurs d’emploi et une réforme de l’enseignement qui impliquerait mieux le monde de l’entreprise, revaloriserait les filières techniques et s’inspirerait de l’apprentissage en alternance. Didier Gosuin ne doit pas oublier qu’il est le Ministre des emplois d’aujourd’hui… Mais aussi de demain ! Quand le rapport Europe2020 souligne qu’une majorité des jobs du futur n’existe pas encore et demandera des moyennes ou hautes qualifications, ce n’est pas tant avec la Secrétaire d’État de la Propreté Publique que Didier Gosuin devrait collaborer, mais avec les Ministres de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles pour casser l’attitude attentiste wallonne et bruxelloise de ces dernières années en la matière.