Carton bleu des Jeunes MR | COP21 : arrêtons d’opposer le libéralisme à l’environnement

Publié le 4 décembre 2015


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C’est un rendez-vous avec la Terre, peut-être avec l’Histoire, que le monde attend depuis plus d’un an. La 21e Conférence des Nations Unies sur le climat, communément appelée COP21, débutera à la fin du mois de novembre dans la Ville Lumière et dans l’ombre des attentats terroristes qui ont frappé le cœur de Paris, de l’Europe, de nos valeurs communes. Elle aura pour objectif ambitieux de permettre l’émergence d’un accord mondial contraignant capable de mettre un frein aux changements climatiques. Depuis des mois, les discussions autour des enjeux de la COP21 vont bon train dans le monde politique comme dans la société civile. Malheureusement, le climat des débats s’est lui aussi déréglé. Et dans – l’injuste – hiérarchie des préoccupations, l’environnement chute désespérément pendant que la température grimpe. Évidemment, il n’y a pas de choix à faire entre la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre le terrorisme, loin s’en faut. Les deux combats doivent se mener de front, avec la même énergie et la même détermination.

Une chose est certaine : les libéraux ne peuvent pas fermer les yeux sur l’un des plus grands défis de notre époque. Osons parler du climat ! Non, la gauche – des sociaux-chrétiens à l’extrême-gauche – n’a pas le monopole de l’écologie ! Peu importe son niveau de verdissement ou sa perméabilité à l’écoradicalisme. La protection de l’environnement est à l’écologisme ce que le social est au socialisme : une authentique OPA. L’illusion d’un territoire idéologique conquis alors que celui-ci est en réalité pris en otage politiquement.

Le libéralisme est conciliable avec la lutte contre le réchauffement climatique. Ce postulat ne manquera pas de bousculer cette « droite de salon » qui a la fâcheuse tendance à s’enfermer dans sa défense court-termiste de la liberté économique absolue. Pourtant, nous devons comprendre que, sans geste fort aujourd’hui, les libertés seront profondément restreintes demain. Quelles libertés d’entreprendre persisteront dans un désert économique où la rareté des ressources fera loi ? Quelles libertés individuelles subsisteront dans un État qui connait famine, guerre, crise des réfugiés climatiques ? Quels droits à la propriété résisteront à l’inondation d’une grande partie de nos terres ? Nous devons faire, de façon raisonnée et raisonnable, le choix d’accommoder certaines de nos libertés contemporaines pour préserver la Liberté des générations futures. C’est faire preuve de bon sens et reconnaître que le libéralisme des bouquins est indissociable du libéralisme de terrain.

Pour réussir ce pari, il est nécessaire de sortir des carcans d’une vision bipolaire de l’écologie, réduite à l’éternelle passe d’armes entre les « éclairés » et les sceptiques. En 2015, on ne peut plus reléguer au rang des mythes le changement climatique. Cela signifie pour autant que nous devons adhérer à une approche monolithique exclusivement déterminée par le paradigme de la gauche ? Une vision qui prône une intervention massive de l’État, à coup de contrôles, de quotas et de subsides ? Absolument pas. On ne se souvient que trop bien des certificats verts en Wallonie. Cette façon d’appréhender les choses, ce n’est pas la nôtre. Arrêtons d’opposer le marché à l’environnement. Cet « état d’urgence » peut – et doit – être aussi vu comme une opportunité humaine et économique. Objectifs clairement définis et soutien à l’innovation sont les deux faces d’une même pièce qui s’inscrivent dans une vision à long terme définie par le politique. Plus que l’aspect contraignant de quelques objectifs environnementaux, c’est l’incertitude, le manque de flexibilité sur les moyens et la complexité qui déstabilisent les marchés.

Tout le monde sortira gagnant d’un accord ambitieux de la COP21. La planète, d’abord, c’est une évidence. Les entreprises, également. Et cela se vérifie par des exemples très concrets : si une PME wallonne décide d’investir dans l’efficacité énergétique, elle réduit son empreinte écologique en consommant moins mais elle réduit aussi ses coûts fixes et améliore sa compétitivité. Cette opération est donc positive à la fois pour notre environnement et pour l’entreprise. Les gains ainsi engrangés à petite échelle se transposeront inévitablement au niveau macroéconomique, c’est-à-dire au niveau de l’économie mondiale. Gagnante, elle aussi. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Banque Mondiale – loin d’être un lobby environnementaliste – estime que la lutte globale contre le changement climatique pourrait rapporter 1,9 milliards d’euros par an au PIB mondial. À côté de cela, nos États ne profiteront pas seulement d’une retombée économique en termes de croissance. En réduisant les émissions de CO2 en Europe de 80% d’ici 2050 – c’est notre ambition -, nous diminuons la pollution dans nos villes et nos campagnes. La santé des citoyens s’en trouve améliorée, une excellente nouvelle pour tous ! Tout comme pour l’État qui finance la sécurité sociale. La Commission européenne va jusqu’à prédire 38 milliards d’euros de bénéfices en termes de santé publique pour les États membres d’ici 2050 si on limite le réchauffement climatique. États gagnants, donc. Et enfin, il y a cette génération qui nous suivra. Ces hommes et ces femmes dont le bien-être dépend directement de notre capacité d’actions. Ceux-là aussi sortiront gagnants d’un accord ambitieux. Et lorsque tous ces hommes et ces femmes nous parlerons de la crise écologique du début du XXIe siècle, nous voudrons pouvoir leur répondre : « Oui, nous avons pris nos responsabilités ! » Quoi de plus libéral, en somme ?