Carton bleu des Jeunes MR │ 25 mai 2015 : un an après les élections, le premier état des lieux

Publié le 24 mai 2015


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Il y a un an déjà, les Belges se rendaient aux urnes pour renouveler pas moins de six assemblées parlementaires, sans compter le Parlement européen. À l’heure de ce triple scrutin, le fantôme de la crise politique de 541 jours, triste record mondial pour notre pays, restait bien présent dans tous les esprits. Citoyens et représentants politiques partageaient la même crainte : voir le scénario de 2010 se reproduire.

Au soir de ce 25 mai 2014, les résultats tombent au compte-goutte. Le Nord du pays assiste à une vague jaune sans précédent qui conforte la NV-A comme premier parti de Flandre… Et de Belgique. En Wallonie et à Bruxelles, les partis de la coalition « Olivier » (PS, cdH, Ecolo) encaissent le coup : à côté des socialistes se félicitant de leur première place arrachée de justesse avec des scores en chute libre, les humanistes se réjouissent d’être le troisième parti de Wallonie avec leur plus mauvais score historique. Seuls les écologistes admettent la défaite (mais comment auraient-ils pu faire autrement ?)

Le MR, quant à lui, progresse partout : 35 cantons (+12) sont acquis aux libéraux ; le MR gagne 4 sièges supplémentaires à la Chambre, + 5 sièges au Parlement bruxellois, + 6 sièges au Parlement wallon et, enfin, un député supplémentaire à l’Europe. La victoire est indéniable ! Cette performance, associée au maintien de l’Open-VLD en Flandre,  fera des libéraux la plus grande famille politique de Belgique.

La suite, vous la connaissez. Le PS et le cdH (avec le FDF) précipitent les formations de gouvernements régionaux afin de se rendre incontournables au fédéral et forcer la reconduite de la coalition sortante (MR, Open-VLD, PS, Sp.A, cdH, CD&V). Au pied du mur, une partie des anciens partenaires du Gouvernement Di Rupo doivent accepter une coalition dont ils ne veulent plus ou plonger la Belgique dans une nouvelle crise. Sauf qu’il existe un scénario inédit, cohérent sur le plan socio-économique, risqué mais efficace tout en étant capable de maintenir la paix communautaire : la « Suédoise ». Cinq mois plus tard, le Gouvernement Michel était né.

Nous sommes le 25 mai 2015. Une année s’est écoulée, autant dire une éternité en politique. De nombreuses choses ont changé et l’heure est au premier état des lieux pour les Jeunes MR…

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  1. Les engagements pris pour la Belgique de demain. Dès son instauration, le Gouvernement Michel a pris des mesures parfois impopulaires, comme le saut d’index ou la pension à 67 ans en 2030, mais indispensables pour assurer le bien-être des générations futures. 
  1. Les indicateurs économiques qui repassent au vert. Avec une croissance estimée à 1,1%, un chômage en recul et une sortie de la déflation, la Belgique renoue avec une économie performante, soutenue par le retour de la compétitivité de nos entreprises. Reste le problème de la dette publique qui ne devra pas être oubliée par le gouvernement. 
  1. La pause communautaire. L’originalité de la coalition « suédoise » réside dans la présence d’un seul parti francophone – qui défend néanmoins tous les francophones ! – au gouvernement fédéral. Cette composition a l’avantage d’empêcher toute réforme de l’État puisque le Gouvernement Michel a très peu de chance d’obtenir la majorité dans chaque groupe linguistique. Sans conflit communautaire, le politique peut se concentrer sur l’essentiel : le socio-économique. 
  1. Le glissement fiscal en vue d’alléger l’imposition sur le travail. La Belgique est le pays européen qui impose le plus les revenus du travail. Lors de sa prise de fonction, le Gouvernement Michel a clairement annoncé une réforme qui allégera la pression fiscale sur les travailleurs. L’initiative est soutenue par les Jeunes MR mais nous resteront néanmoins vigilants sur les autres sources de fiscalités mises à contribution par ce tax-shift. 
  1. Le nouveau cours de citoyenneté. C’est une demande des libéraux, vieille de dix ans, qui devrait se concrétiser très prochainement. Enfin, l’enseignement sera doté d’un cours de citoyenneté. Former les citoyens de demain est une mission de l’école et cette mesure ne peut être qu’une avancée positive vers cet objectif. Une question reste néanmoins en suspens : quel contenu pour ce nouveau cours ? Ce sera à la Ministre de l’Enseignement d’y apporter une réponse concrète, loin du paradigme de l’école « du par cœur » et dans un esprit de responsabilisation de l’élève.

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  1. Le service minimum… des gouvernements wallons et de la Communauté française. Paradoxe : si ces deux gouvernements ont été les premiers à être formés suite aux élections de mai 2014, il semblerait que ce soit les exécutifs les moins actifs sur le plan politique. Et cela n’a rien à voir avec un intérêt médiatique moindre, comme s’en défendent certains ministres. Qu’a-t-on réellement entrepris au Parlement wallon, si ce n’est le vote du budget ? Il n’y a pas à dire : les opérations cosmétiques de communication comme le discours de Paul Magnette sur l’état de la Wallonie ne détourneront pas l’attention des citoyens sur l’inaction du PS et du cdH (trop occupés à gesticuler sur les bancs de l’opposition de la Chambre ?). 
  1. Les déclarations de certains Ministres NV-A. En tant que libéraux, nous condamnons fermement les propos polémiques des nationalistes flamands qui ont marqué le lancement du Gouvernement Michel. Sur la collaboration, c’est une clarification tardive mais nécessaire qui a été faite par Bart De Wever lors des cérémonies de commémoration de la fin de la Seconde Guerre Mondiale du 7 mai. Nous ne pouvons néanmoins rester insensibles à certains propos prononcés depuis le début de la législature. Racisme, xénophobie, homophobie sont incompatibles avec le projet libéral des Jeunes MR. 
  1. Les grèves politiques. Le droit de grève est immuable, nous l’avons souvent répété. Dans le passé, il a permis l’acquisition de nombreux progrès sociaux. Aujourd’hui, malheureusement, ce droit s’est petit à petit mué en arme politique, usée et abusée par idéologie et non pour défendre les travailleurs. Les citoyens en ont conscience et ils ont souvent exprimé leur irritation, se sentant « pris en otage » à de nombreuses reprises. Quid du droit de ne pas adhérer ? Quid de la libre-circulation des citoyens ? 
  1. La politique de « tolérance zéro » pour le cannabis du Fédéral. Ce n’est plus un secret : les Jeunes MR se sont déjà prononcés en faveur de la dépénalisation du cannabis en vue d’encadrer la consommation et lutter contre le trafic parallèle. En appliquant une politique de « tolérance zéro », le Gouvernement Michel se trompe dans sa stratégie : seule une dépénalisation qui s’accompagne de restrictions strictes et d’une vraie politique de sensibilisation reste, à nos yeux, le moyen le plus efficace de rencontrer les objectifs sanitaires et de contrôle voulus au départ par le Fédéral.
  1. La montée des idées radicales. Ce n’est certainement pas une conséquence des élections de mai 2014 et pourtant, les événements de ces derniers mois nous obligent à réaffirmer notre engagement plein et entier dans la lutte contre les extrêmes. Qu’ils soient religieux, comme nous le rappelle les tragiques événements de Charlie Hebdo. Ou qu’ils soient politiques, comme nous le rappelle la montée des partis populistes (de gauche comme de droite) partout à travers l’Europe. Les jeunes libéraux que nous sommes sont attachés au respect de l’autre, au dialogue, au compromis et refusent le repli sur soi ainsi que le communautarisme.

Aujourd’hui, nous, Jeunes MR, nous engageons. Nous nous engageons à rester vigilants et critiques durant l’entièreté de la législature, à tous les niveaux du pouvoir, pour assurer une société de demain prospère, créatrice d’opportunités pour chaque individu et qui défend les libertés fondamentales.