Carton bleu des Jeunes MR | La success-story du libéralisme « made in Estonia »

Publié le 2 mars 2015


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Les sondages prédisaient un coude-à-coude avec le Parti du Centre connu pour ses positions pro-russes, il n’en a rien été. Ce dimanche, le Parti de la Réforme du Premier ministre Taavi Roivas est sorti vainqueur des élections législatives, avec 27,7% des voix. Alors que la crise a fait tomber de nombreux gouvernements européens, la popularité du parti libéral ne semble pas faiblir malgré l’exercice du pouvoir. Si la campagne électorale aura été marquée par l’inquiétude vis-à-vis des relents impérialistes du voisin russe, le Parti de la Réforme doit sa victoire également à un bilan socio-économique qui fait figure d’exception au sein de l’Union européenne.

L’Estonie a toujours été l’élève discrète de la classe européenne, bien moins m’as-tu-vu que la chouchoute allemande et bien moins turbulente que le camarade grec, près du radiateur. Pourtant, aujourd’hui, c’est bien l’Estonie la première de la classe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : croissance à 1,9% ; taux de chômage en baisse à 7,7% ; dette publique à seulement 9,8% du PIB. Le pays balte peut même se vanter de dépenser moins qu’il ne gagne, une anomalie en Europe[1]. Avec l’Estonie, c’est un sacré grain de sable que les anti-libéraux ont trouvé dans la mécanique bien rôdée de leur discours. Car pour réaliser ce « miracle » économique au sein d’une Zone euro morose, le Parti de la Réforme a prôné une politique tout à fait libérale, avec l’assainissement des finances publiques et une thérapie de choc pour le redressement de l’économie. Dans notre pays, la plupart des mesures décidées par le gouvernement estonien auraient provoqué l’ire de la gauche politico-syndicale belge. Pourtant, en Estonie, pas de grandes manifestations ou de grèves générales pour remettre en cause la politique de l’exécutif.

Pourquoi les Estoniens ont-ils si bien accepté l’effort imposé par leur gouvernement ? Certains observateurs avancent l’idée d’un traumatisme issu de l’occupation de la Russie communiste qui entretient, encore aujourd’hui, une unité nationale transcendant les clivages politiques face à la crise et un sentiment d’appartenance au monde européen. Si le souvenir des heures sombres de l’Histoire estonienne justifie en partie l’acceptation de la population vis-à-vis de politiques de rigueur, ce n’est pas la seule explication.  Tout d’abord, les Estoniens ont le sentiment que toutes les tranches de la population ont participé à l’effort budgétaire de façon équitable. Par exemple, si le gouvernement a taillé dans le salaire des fonctionnaires, il n’a pas oublié de réduire de 20% les revenus de ses ministres. Ensuite, les Estoniens ont compris que les petites réformettes n’auront pour effet que d’allonger la période de rigueur. Pas de « trop peu, trop tard » pour l’exécutif estonien. Plutôt que de retarder les grandes réformes nécessaires pour retrouver la compétitivité et la croissance économique, celui-ci a misé sur un « retour sur investissement » direct de la part des nouvelles mesures économiques qu’il a planifié. Au final, c’est un succès : les résultats sont là alors que d’autres pays européens hésitent encore sur la marche à suivre.

Aujourd’hui, nous nous réjouissons de la victoire du Parti de la Réforme qui a toutes les cartes en main pour former un nouveau gouvernement. Non seulement, il incarne la responsabilité en Europe mais, en plus, c’est un parti jeune puisque le Premier ministre – et Président de parti – a seulement 35 ans. La vision du parti est moderne, avec l’ambition de continuer le développement du secteur high-tech et de conserver l’environnement pro-entrepreneuriat de l’Estonie. Pas étonnant si le pays d’origine de Skype est également recordman mondial du nombre de start-up par habitant !

Bref, l’Estonie a largement mérité son statut d’élève modèle de l’Union européenne.

[1] COMMISSION EUROPÉENNE (2015) “Estonia” in European Economic Forecast Winter 2015