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"Arlon, c’est le Far West"
15 jui 2011
Article du 15 juillet 2011
l'Avenir | Province du Luxembourg
Ce n’est pas faute d’avoir tiré le signal d’alarme. L’an dernier déjà, les jeunes MR de l’arrondissement d’Arlon montaient au créneau. Ils passent à la pétition.
Interview : Philippe COLLING
Alexandre Larmoyer, vous êtes président des jeunes MR de l’arrondissement d’Arlon. La pétition contre l’insécurité à Arlon que certains évoquent sur Facebook existe-t-elle bien?
Évidemment, et elle est bien antérieure aux dernières agressions constatées sur le chef-lieu (lire aussi ci-dessous). Nous avons décidé de nous mobiliser à la suite de l’agression d’un ami, une sale histoire où furent maniés sabre et couteau, et qui nous a retournés. Cet incident nous a amenés à réagir. Nous ne nous sentions pas bien.
Les bagarres, les voitures vandalisées, la violence à proximité directe le week-end et qui peut tous nous concerner. On s’est dit : «Ce n’est plus possible. Ça devient le FarWest». D’où la pétition.
Certains ont parlé sur le web de «bla-bla électoraliste»?
Honnêtement, cela n’a rien à voir avec ça. Nous voulions prendre le pouls, écouter d’autres avis, voir si, depuis notre vécu, nous ne nous montions pas la tête.Nous avons publié plusieurs communiqués, qui n’ont guère eu d’échos. Cette pétition est pour nous une façon de nous faire entendre, mais aussi d’engager le dialogue. Alors, sur ce plan-là en effet, c’est une démarche politique.
«Les gens disent ce qu’ils ont sur le coeur»
Un dialogue attendu qui a eu lieu?
Hélas ! non ! Nous avons l’impression de prêcher dans le désert, de n’être pas entendus, à commencer par la Ville. Or, je regrette, mais un tel échange est inévitable, c’est de la démocratie directe. Ce que nous attendons, c’est que le bourgmestre reconnaisse qu’il y a un vrai problème !
Ces derniers jours, les autorités sont sorties du bois et semblent même avoir empoigné le taureau par les cornes?
Oui, et ce n’est pas trop tôt. Aujourd’hui, et après les événements de ces dernières semaines, elles ne pouvaient davantage faire comme si rien ne se passait. Lisez la page Facebook «Contre l’insécurité à Arlon» : les gens y disent ce qu’ils ont sur le coeur parce qu’ils ont mal pour leur ville. C’est un indicateur que la Ville ne peut plus ignorer. Alors, quand j’entends dire que les jeunes MR font de la récupération… Jusqu’ici, personne n’avait donné la parole aux Arlonais. Et aujourd’hui, on, s’étonne en haut lieu qu’il y ait des réactions.
Les autorités ont-elles, selon vous, trop longtemps tergiversé?
À partir du moment où on apprend que des commerçants s’arment et que certains internautes vont jusqu’à proposer l’idée de milices privées, c’est qu’un sérieux pas a été franchi. Nous attendons donc de la Justice un message fort, dont des comparutions immédiates en cas d’arrestation.
Et les moyens engagés : renforcement du cadre policier, présence de caméras?
Certes, cela peut avoir un effet dissuasif, à condition toutefois qu’on les répare, mais nous ne pouvons pas nous contenter de l’antienne selon la laquelle parce qu’Arlon devient une grande ville, l’insécurité ne peut qu’y croître.
L’insécurité, c’est d’abord un sentiment?
Peut-être,mais croyez-moi : quand on n’ose fixer quelqu’un dans les yeux ou qu’une jeune fille doit accélérer le pas parce qu’elle se sent suivie, je pense que le sentiment est dépassé !
«Arlon grandit, sa délinquance aussi»
La pétition des Jeunes MR de l’arrondissement d’Arlon sort le 6 juin. C’est peut-être la date du débarquement de Normandie, mais elle précède la vague d’agressions que devra déplorer le commerce arlonais dans les jours suivants. Si la démarche n’a rien de visionnaire, elle tombe donc à point nommé.
Chez les jeunes réformateurs, le débat de l’insécurité a d’ailleurs débuté beaucoup plus tôt. En août 2010déjà, ils écrivent aux autorités que «le sentiment d’insécurité plane sur Arlon». «Drogue en cause ?» s’interrogent-ils.
Présidé par Alexandre Larmoyer, le mouvement n’en restera pas là. Enmai de cette année, un communiqué réclame le droit,pour les jeunes, de «sortir en toute sécurité». Rebelote le mois suivant, avec un titre qui ne s’encombre guère de précautions oratoires : «Les Jeunes MR s’inquiètent pour l’avenir de la population arlonaise».
Et renvoient vers le texte de leur pétition, désormais disponible sur internet : «Délinquance, dégradations gratuites, violences physiques, vols dans les habitations… Autant de phénomènes, pas si récents pourtant, qui contribuent à créer un sentiment d’insécurité qui commence à hanter la population du chef-lieu et des environs.» Constat : «Arlon grandit et sa délinquance aussi». Le plaidoyer se termine alors sur ces mots : «La sécurité est le garant de l’expression de nos libertés fondamentales». C’est bien de le rappeler.
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