Les mesures fortes

l'épanouissement

Notre société est aujourd’hui soumise à plusieurs changements de paradigmes. Nous vivons dans une ère toujours plus connectée où les technologies entrainent des bouleversements sociétaux majeurs. Sur le marché du travail notamment où, plus rapidement qu’à n’importe quelle époque, des métiers deviennent obsolètes et sont remplacés par d’autres.
Les repères s’en trouvent perturbés. Si la recherche de sens a animé l’humanité depuis toujours, cette quête semble de plus en plus importante aux yeux des jeunes générations. La perte de points d’ancrage traditionnels a tendance à renforcer ce besoin. Cette poursuite est simple pour certains et le combat de toute une vie pour d’autres. D’autres encore tombent dans le bras d’idéologies extrêmes qui se rapprochent du nihilisme et souvent brassent leurs lots de réponses toutes faites aux interrogations séculaires de l’Homme.
Sans tomber dans le pessimisme ni prétendre détenir la réponse à ces questionnements, il nous apparaissait important de nous intéresser à ce qui peut donner du sens à notre existence. Notre monde, bien qu’il s’accélère, n’en exige pas moins l’excellence. Cette exigence est peut-être décuplée par le fait que le nombre de matières, comme le numérique, à maitriser aujourd’hui ne cesse d’augmenter. Le monde du travail représente un véritable défi pour les jeunes générations qui n’y sont pas toujours bien préparées. Les maladies liées au travail et à ses exigences sont de plus en plus nombreuses et représentent peut-être le mal du siècle. Le sport, sa pratique et ses bienfaits sont une opportunité de remettre l’individu et son développement personnel au centre de la réflexion.

AU NIVEAU DE L’ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE :

L’esprit d’équipe et la capacité de travailler en groupe sont deux des exigences du monde du travail. Cela demande de développer des compétences spécifiques en terme d’écoute, d’empathie et de communication. Être capable de travailler en équipe représente souvent un facteur déterminant dans la réussite d’une carrière. Le développement de cette compétence doit se faire dès le plus jeune âge, au travers, par exemple, de travaux collaboratifs.

Au-delà de la prévention de certains problèmes de santé comme l’obésité, véritable fléau, le sport permet également la hausse des performances scolaires. En effet, sa pratique augmente les capacités d’attention et de mémoire. Le sport peut également s’envisager de manière transversale dans plusieurs cours afin de faciliter et généraliser encore plus son usage.

De manière similaire, les bienfaits de la relaxation ne sont plus à démontrer. Dans un monde où tout s’accélère, être capable de faire preuve de sang-froid et de gérer le stress et l’anxiété sont autant d’atouts non-négligeables en entreprise et dans la vie de tous les jours. Il serait utile d’envisager de généraliser cette pratique pour nos enfants dans un cadre clair et par des méthodes qui ont fait leurs preuves.

On ne peut vouloir s’orienter vers une meilleure santé de nos enfants sans vouloir poursuivre les efforts mis en place en matière de diététique, mais sans oublier l’impact environnemental de cette dernière.

NIVEAU DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR :

Les bienfaits liés au sport ne sont pas uniquement valables dans l’enseignement obligatoire. Il faut être capable de promouvoir le sport bien au-delà, afin d’inscrire la pratique du sport dans le temps. Des obstacles encore trop nombreux s’élèvent face à cette volonté. On pense notamment aux déplacements parfois longs entre les cours et les sports. Il est nécessaire de développer des infrastructures sportives dans nos établissements d’enseignement supérieurs. Cette mesure vise à soutenir aussi bien les sportifs de haut niveau que les étudiants qui suivent un cursus différent.

Les élections européennes de mai prochain seront l’occasion de voir s’affronter un nouveau paradigme. En effet, si le clivage gauche-droite représentait autrefois l’alpha et l’oméga de la politique, les prochaines échéances électorales européennes verront sans doute s’affronter ceux qui croient en l’Union européenne et ceux pour qui elle serait responsable de tous leurs maux.
Nous sommes en faveur d’une réforme profonde de l’Union européenne afin qu’elle soit moins bureaucratique et plus démocratique ; mais nous sommes également convaincus que, dans un monde mondialisé dont les défis sont de plus en plus nombreux, l’Union représente la seule solution pour tous les pays européens d’exister et de peser sur le cours du monde.
Par conséquent, il est nécessaire de renforcer encore le sentiment d’appartenance et de fierté européenne. Le programme Erasmus est un succès auprès de la jeunesse. Nous proposons également de l’étendre aux domaines du sport et de la culture.

Le sport, peut être encore plus que d’autres domaines, profite des innovations technologiques à la fois dans les matériaux utilisés, l’exploitation des données de jeu et l’emploi du numérique de manière généralisée.
Les performances physiques et techniques d’un sportif sont, bien entendu, au coeur de la performance mais cela peut parfois s’avérer insuffisant. Les développements technologiques peuvent en effet faire la différence. Les exemples ne manquent pas. On pense notamment aux combinaisons de plongées en polyuréthane interdites en 2010 parce que trop performantes. Un avantage technologique peut s’avérer déterminant dans la recherche de résultats.
Les Jeunes MR veulent dès lors que cet aspect ne soit plus ignoré dans le sport en Belgique. Il appartient aux académiques, en partenariat avec les clubs de sports et les sportifs, de s’emparer de cette problématique en créant, pourquoi pas, un pôle de recherche en innovation sportive.

AU NIVEAU DES ENTREPRISES :

Nous l’avons démontré dans les sections précédentes, le sport et ses bienfaits sont bénéfiques aux individus dans leur développement et leurs études. Ces bienfaits ne se limitent pas à la période pour ainsi dire scolaire mais tout au long de la vie. De telles pratiques doivent être encouragées en entreprises tant elles permettent de structurer et de conserver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

STRUCTURE DU SPORT EN BELGIQUE :

C’est à la fin du XXe siècle que les premières fédérations sportives se sont organisées afin de structurer la pratique du sport mais également l’organisation de compétitions entre les différents clubs affiliés à ces dernières1. Ces fédérations se sont vues subsidiées à partir de 1948 par l’État belge à la condition, pour le moins cocasse au vu du contexte actuel, que ces dernières soient nationales.
Le sport, comme beaucoup d’autres matières, a suivi un développement similaire à celui de l’État belge2. D’abord très centré et national, pour ensuite subir les forces régionalistes centrifuges et voir les pôles de décisions se déplacer vers les communautés. En effet, lors de la première réforme de l’État, le sport fut considéré comme une matière relevant du domaine culturel et a été, à ce titre, communautarisé. Cependant, ce n’est qu’à partir de 1978 que les fédérations autrefois nationales ont eu la possibilité de se diviser en fédérations communautaires. Cette scission était optionnelle mais les fédérations qui choisissaient de rester nationales renonçaient aux subsides de leur communauté respective. Certaines fédérations ont mis plusieurs dizaines d’années à se scinder. Dernier exemple en date, avec l’Association Royale Belge de Hockey (ARBH) qui n’a sauté le pas qu’en 2014. Cette communautarisation n’a pas été complète et cette scission ne fait pas des Communautés les dépositaires de toutes les compétences sur les politiques sportives. En effet, d’autre niveaux de pouvoirs entreprennent des politiques en lien avec la pratique sportive : le Fédéral, les Régions, les Provinces mais aussi les Communes. Le Fédéral continue, par exemple, à encadrer et assurer la sécurité des matchs de football professionnels dit « risqués », la gestion des infrastructures sportives est confiée à la Région wallonne, les communes via l’intermédiaire d’un échevin qui possède des compétences en matière de sport, ceux-ci exercent des compétences propres à leur territoire et à leurs infrastructures.

Tableau 1. Principales responsablilités en matière de sport au sein de l’État fédéral

Niveau de pouvoirAutorité fédéraleCommunautéRégionProvinceCommune
IntervenantsMinistre de la JusticeMinistre des SportsMinistre de
l’Aménagement du
territoire
GouverneurBourgmestre
 Ministre de l’IntérieurMinistre de la SantéMinistre de
l’Emploi
Député provincial
des Sports (Région
wallonne) / député
des Sports (Région
flammande)
Échevin des
Sports
 Ministre des Finances    
 Ministre de la Politique
scientifique
    

S’ajoute à cela le fait que les Fédérations communautaires remplissent des missions habituellement dévolues à des Fédérations nationales dans d’autres pays. Mais ce n’est pas tout, la plupart des Fédérations communautaires ont dû créer des entités nationales. En effet, les Fédérations internationales ne reconnaissent qu’une seule Fédération par pays. Ces Fédérations nationales sont bien souvent composées de représentants des Fédérations communautaires et s’occupent de l’organisation des compétitions nationales et de la coordination des équipes nationales à l’échelon mondial. Elles sont financées par les Communautés. La Belgique n’est décidemment jamais à un surréalisme prêt.
Aux Jeunes MR, nous avons déjà évoqué par le passé l’imbroglio que peut parfois engendrer notre lasagne institutionnelle au détriment de la bonne gouvernance et de l’efficacité. Ce constat est valable dans des matières diverses comme l’Énergie, le Climat ou encore le commerce extérieur. Ce bilan semble également d’application pour le sport dont les compétences sont complétement éclatées à différents niveaux de pouvoir.

Les dysfonctionnements entre les différentes instances sont nombreux et la seule refédéralisation ne permettra pas de régler tous les problèmes. Les acteurs au sein de ces instances doivent être en majorité issus du monde du sport en général car ce sont eux qui finalement connaissent les problématiques et les défis auxquels les sportifs de haut niveau (mais pas seulement) sont confrontés au quotidien et dans leur carrière de manière plus globale.