Les mesures fortes

La Formation

Le choix de sa formation est aujourd’hui déterminant dans la recherche d’un emploi. Des études supérieures à la formation en alternance, les chemins sont nombreux afin de permettre à chacun de trouver la voie qui lui convient. Nous avons voulu formuler des propositions qui valorisent chacune de ces filières. De plus, nous avons souhaité rapprocher le monde de l’entreprise de celui de la formation, deux entités qui devraient être intimement liées mais qui ont tendance à trop évoluer en vase clos.

Nous sommes pour une orientation au plus tôt des élèves parce que nous sommes convaincus qu’une filière unique et généraliste ne tiendra jamais compte des spécificités de chaque élève. Au contraire, en invoquant le fait d’ouvrir l’esprit au plus grand nombre, un tronc commun prolongé ne peut engendrer que de la frustration parce qu’il ne prend pas en compte les différences de chacun. Nous voulons apporter une réponse afin de favoriser l’épanouissement, les qualités mais aussi les choix individuels, ce qui permettrait de lutter également contre le décrochage scolaire.

Il existe quantité de parcours différents de celui de la filière générale. Cette dernière a pendant trop longtemps été considérée comme l’unique chemin vers l’épanouissement et la prospérité, quitte à confiner les filières techniques et professionnelles à des canaux de seconde zone et de relégation pour ceux qui n’auraient pas réussi dans le général. L’éventail des formations est pourtant très large. La revalorisation des filières techniques et qualifiantes passera d’abord par une meilleure information sur la diversité des parcours et des formations existantes.

Cela fait maintenant une vingtaine d’années que l’enseignement supérieur connait un sous-financement, voir même un « définancement » structurel. La population étudiante augmente sans cesse, mais le budget de l’enseignement, en enveloppe fermée, n’augmente pas. Outre le fait que le secteur souffre d’un manque de financement, il est également important de se pencher sur la gouvernance de nos institutions, comme le suggère l’ARES. En effet, l’organisme estime que quantité d’économies d’échelles pourraient être réalisées à partir d’un modèle plus intégré, qui pourrait découler notamment de la fusion de plusieurs établissements. De plus, un plus haut niveau d’intégration augmenterait considérablement la capacité de négociation du secteur, aussi bien auprès du pouvoir politique que des acteurs privés.

Et pourquoi ne pas aller un cran plus loin, en rationalisant une partie de l’offre de formations. En proposant, par exemple, des filières d’excellence propres à chaque établissement. Enfin, dans un monde de plus en plus globalisé y compris du point de vue académique, il apparait primordial que les voix et les efforts ne soient plus dispersés si l’on souhaite avoir une chance d’exister. Il est peut-être l’heure de faire fi des conflits historiques et des oppositions philosophiques, de dépasser la pilarisation des institutions belges et de démontrer un certain degré de pragmatisme afin de peser sur la scène internationale.

Parallèlement à cela, les pôles d’excellence seront forcément liés à des pôles géographiques, ce qui exigera une mobilité plus élevée des étudiants. Aux Jeunes MR, nous souhaitons que ce coût ne repose pas uniquement sur le dos des étudiants mais puisse en partie être pris en charge par l’État. Il est nécessaire d’appréhender cette aide avec un souci d’équité, notamment en fonction de la distance à parcourir par un étudiant pour se rendre dans le pôle d’excellence de son choix.

Trop souvent encore aujourd’hui, l’orientation des étudiants souffre de stéréotypes qui appartiennent au passé et auraient dû rester cantonnés aux siècles précédents. Il est temps de mettre l’accent sur l’intérêt, les préférences et les spécificités de chacun sans préjugés ni stéréotypes.

Pendant de trop nombreuses années, les filières techniques et professionnelles ont été délaissées. Une certaine forme d’obstination idéologique, en particulier de la gauche, a conduit à cette situation. En effet, on a considéré pendant trop longtemps que tous les élèves étaient finalement destinés à la même chose, à savoir les études supérieures. Elles ont été mises sur un piédestal, érigées comme seul horizon respectable. Un moule dans lequel chaque élève était sommé de rentrer. Il est de temps de changer de regard et de (re)considérer les filières manuelles tant elles sont nécessaires et porteuses d’avenir. Nous l’avons répété, ouvrir le champ des possibles c’est d’abord que les choix et les spécifiés de chacun puissent être pris en considération.

Une des missions de l’enseignement supérieur à l’avenir doit être de former à la polyvalence. Aujourd’hui, on ne construit plus une carrière sur quelques années d’études et les carrières ne ressemblent plus à des trajectoires rectilignes. Le but de cette proposition est d’offrir la liberté à des jeunes de se réorienter au cours de leurs études et de donner du sens aux choix qu’ils posent.

Les disparités en Europe en matière d’emploi sont encore très fortes. En effet, si certains pays ou régions sont presque au plein emploi (Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Autriche), d’autres souffrent encore des effets collatéraux de la crise de 2008 et ont des taux de chômage importants (Italie, Espagne et Grèce). Dans ces derniers pays, ce sont souvent les jeunes qui sont les premières victimes du manque d’emploi. À titre d’exemple, le chômage des jeunes en Espagne tourne autour des 35%. Mais au-delà des taux de chômage, ce sont finalement les besoins et la demande en terme d’emplois qui varient d’un pays à l’autre. Dès lors, nous devrions avoir l’ambition dans l’Union européenne d’intégrer plus encore le marché de l’emploi et de permettre de combler les demandes et besoins des différents pays de l’Union sans pour autant brader les droits sociaux des travailleurs européens.