Les premières mesures fortes

Vous découvrirez dans les lignes qui suivent quelques mesures phares issues de notre premier Congrès « Enseignement-Formation-Emploi » dans le cadre d’IDEAL 2030.

ENSEIGNEMENT

Le processus actuel d’évaluation des futurs profils et des compétences n’est plus adapté à un monde qui change rapidement sous l’impulsion de la révolution numérique.

L’intelligence artificielle (IA) jouera un grand rôle dans le futur. À l’avenir, ce sont des professions entières qui sont menacées. Nous en avions déjà fait le constat dans notre Mémorandum de notre Congrès Numérique. En effet, la société de consultance McKinsey considère qu’environ 40% des métiers (à distinguer des emplois) actuels sont menacés dans un futur proche. Il faut pouvoir anticiper cette révolution. Les personnes qui occupent ses emplois, ou du moins leurs compétences vont devoir évoluer. Actuellement, seul les compétences et des profils des métiers sont réévalués de manière régulière dans la filière qualifiante. Les compétences dans toutes les filières devraient pouvoir être réévalués afin de correspondre avec l’évolution de la société.

Tout au long du cursus scolaire, il est crucial pour un enseignant mais également pour l’élève lui-même de pouvoir évaluer son niveau et le chemin qui lui reste à parcourir afin d’atteindre les compétences qui lui sont demandées d’acquérir au terme de chaque année scolaire. Les évaluations certificatives permettent d’appréhender réellement le niveau de compétence et de procéder ensuite à des remédiations si nécessaires. Des évaluations externes, comme le BAC européen, permettraient également de situer le niveau des élèves belges dans le contexte européen tout en ayant l’avantage de réduire les problèmes en terme d’équivalence pour les élèves qui souhaiteraient faire leurs études ou travailler dans un autre pays que celui où ils auraient réalisé leurs études secondaires.

Le taux de redoublement est trop élevé en Belgique. Un constat partagé par tous les acteurs de l’enseignement mais également par l’ensemble des partis politiques. Cependant, la solution proposée aujourd’hui pour mettre fin à ce problème est de déconseiller fortement aux enseignants dans le degré inférieur (ce qui revient à bannir la pratique) et de l’interdire purement et simplement entre la première et la deuxième secondaire. Conséquence directe ? Des élèves qui accumulent du retard pendant des mois voire des années et qui se retrouvent perdus, sans repère et sans avoir acquis les bases suffisantes pour pouvoir continuer leur cursus de manière adéquate. De plus, cela engendre une baisse générale du niveau depuis ces dernières années. Il suffit de se pencher le niveau d’exigence du CEB en baisse depuis une dizaine d’année. D’autant que cette situation devrait en plus s’aggraver avec la mise en place du « Pacte d’Excellence » avec la fin du CEB comme évaluation certificative.

Le décret « Titres et Fonctions » est actuellement beaucoup trop contraignant. En effet, il enferme dans un carcan trop étroit et contraint certains professeurs à n’exercer que dans un seul domaine, les privant dans certains cas de donner cours dans des matières qu’ils enseignaient auparavant. Une aberration à l’heure où la profession d’enseignant fait face à une pénurie. Il faut au contraire ouvrir le champ des possibles et permettre à tous ceux, y compris venus du privé, de pouvoir enseigner pour autant qu’ils disposent ou soient prêts à acquérir les compétences pédagogiques nécessaires.