Les premières mesures fortes

Vous découvrirez dans les lignes qui suivent quelques mesures phares issues de notre premier Congrès « Enseignement-Formation-Emploi » dans le cadre d’IDEAL 2030.

Emploi

Le premier atelier de la journée a été consacrée à l’emploi.

Une grande partie de nos propositions concernent le bien-être au travail. Une question aujourd’hui au centre des préoccupations des travailleurs. En effet, ces dernières années ont vu la multiplication des maladies liées au travail (burn-out, épuisement, dépression). Une partie de cette augmentation est liée à l’« hyper-connectivité » qui signifie la multiplication des moyens de communication et peut désigner une incapacité à s’en défaire.
Un premier projet de loi en la matière a été proposé par Kris Peeters au Parlement en mai 2018. Celui-ci qui reconnait la nécessité de se positionner sur le sujet mais ne prend pas suffisamment, selon nous, la problématique à bras le corps. En effet, l’objectif de la loi est clair, que l’utilisation des outils numériques ne porte pas atteinte au respect des temps de repos et de congés et à l’équilibre entre le travail et la vie privée. Là où le bât blesse, c’est dans moyen d’arriver à cet objectif : la négociation*. On est encore donc loin de se rapprocher de la notion de nouveau droit. Aux Jeunes MR, nous sommes bien conscients qu’une entreprise n’est pas l’autre et qu’il est difficile de dégager des mesures générales. Néanmoins, il faudra que ce droit devienne effectif dans les années à venir tant l’équilibre entre travail et vie privée est nécessaire. Un bon équilibre contribue grandement au bien-être au travail mais également de la productivité.

Le numérique et les bouleversements qu’il engendre n’a pas évidemment que des désavantages sur le travail. Un exemple parmi tant d’autre ?  Son influence positive sur la productivité n’est plus à démontrer. Avec ces disruptions sont apparus de nouveaux mode de travail.  Le télétravail est peut-être l’un des plus connus aujourd’hui. Cette nouvelle façon de travailler est pour beaucoup d’entreprises et même d’administrations est rentré dans les mœurs. Les avantages sont en effet nombreux. Tout d’abord et on l’évoque rarement, cela représente une véritable solution au problème de mobilité et des couts environnementaux engendrés par ceux-ci. Ensuite, les avantages pour les travailleurs sont nombreux : un meilleur équilibre travail/vie privée, un meilleur sentiment d’autonomie, une meilleure efficacité aussi. Pour les employeurs aussi, le télétravail n’est clairement pas dénué d’intérêt. Une meilleure attractivité de l’entreprise, une meilleure responsabilisation et autonomie des employés ne sont que quelques-uns des bénéfices liés au télétravail.

Pour toutes ces raisons les Jeunes MR souhaitent faciliter la mise en place du télétravail dans un maximum d’entreprises par une réduction des cotisations patronales sur les heures effectivement prestées en télétravail à hauteur de maximum 8 heure de télétravail par semaine.

Le taux d’emploi est encore insuffisant en Belgique (69%) comparé au reste de l’Europe et de l’objectif fixé dans le cadre de la stratégie Europe 2020, à savoir 73.2%. Certains « pièges à l’emploi » peuvent en partie expliquer ce taux encore trop bas. En Belgique, les crèches, les garderies et le baby-sitting représentent un cout parfois élevé pour un ménage. En effet, la différence entre la rémunération d’un travail et le cout engendré par les frais de garde d’un ou de plusieurs enfants, est parfois infime voire négative. Dès lors, les Jeunes MR proposent d’ouvrir le système des titres services aux garderies, crèches et également au babysitting afin de diminuer l’impact de ce « piège à l’emploi » qui touche par ailleurs une majorité de femme.

Nous militons depuis plusieurs années maintenant pour un changement de paradigme sur le marché du travail notamment en faveur de plus d’initiative personnelle. Malheureusement, à l’heure actuelle lors d’une démission sans motif légitime, un travailleur peut se voir faire refuser ses allocations de chômage pendant de 4 à 52 semaines ou recevoir un avertissement*.

Or, on ne peut plus baser une carrière complète sur un cursus de quelques années seulement et cela, peu importe le prestige du diplôme obtenu. Les connaissances acquises deviennent de plus en plus rapidement obsolètes. Dans une conversation entre Jean-Pierre Hansen et Bruno Colmant, rapportée dans L’Echo, ce dernier estimait que : « (…) si,dans les années cinquante, on pouvait mener une carrière de quarante ans sur base des acquis de cinq années d’études, soitun «ratio» de 8, ce ratio était sans doute passé à 4 dans les années septante pour, au maximum, atteindre 2 aujourd’hui…14». Un résumé en quelques mots de l’importance de se former aujourd’hui tout au long de sa carrière.

De plus, un changement culturel est nécessaire en matière d’entreprenariat en Europe d’autant que les PME en Belgique crée plus d’emploi que les grandes entreprises. Il est nécessaire d’augmenter la mobilité des travailleurs qui souhaitent changer d’orientation professionnelle. Mais il est loin d’être aisé de partir d’un emploi de salarié à entrepreneur ou de se reformer du jour au lendemain. C’est pour encourager cette idée que les Jeunes MR suggèrent que, sur le modèle de réforme proposé par le Président Macron*., d’instaurer un droit aux allocations pour les salariés qui démissionnent pour autant qu’ils aient un projet de reconversion professionnelle ou l’intention de créer leur propre entreprise.

Début 2014, la période d’essai a été supprimée lors de l’harmonisation entre le statut d’ouvrier et d’employé. Les conséquences sur l’emploi se sont révélées négatives. Au bout du compte, les employeurs et les employés se sont retrouvés dans une impasse. Nul ne peut en effet concevoir qu’un employeur soit capable de déterminer, sans se tromper, qu’un employé conviendra dans une fonction et cela même après un recrutement minutieux. De plus, il est en effet très inconfortable, aussi bien pour un employé qu’un employeur, de se retrouver dans une situation avec une prestation de préavis de plusieurs semaines après seulement quelques mois de travail.

Afin d’éviter cette situation les employeurs, et en particulier les PME, ont eu beaucoup plus recours au CDD et aux contrats d’intérimaire. Des contrats pas toujours faciles à utiliser et aux contraintes inconfortables pour les deux parties.

Face à ce constat, le gouvernement a instauré en mai 2018 un mécanisme un peu complexe dans le contrat de CDI mais qui dans les faits s’apparente au retour d’une période d’essai pour les trois premiers mois#. Aux Jeunes MR, nous pensons qu’il faut aller encore plus loin et revenir à une situation où la période d’essai serait rétablie à 6 mois afin de favoriser l’embauche mais également la possibilité pour un travailleur d’être mobile, de trouver le travail qui lui convient et de s’épanouir dans celui-ci.

Contrairement à l’idée reçue, les libéraux belges dans l’histoire ont toujours été à la pointe du combat pour la sécurité sociale. Des figures comme Charles Rogier, Walthère Frère-Orban et Paul Janson ont même été à la base de notre système de protection actuelle. La sécurité sociale, et plus particulièrement les indemnités de chômage, ont toujours été perçues comme un filet de sécurité dont les bienfaits et la nécessité ne peuvent être remis en cause. Cependant, nous souhaitons améliorer ce système. Il n’est en effet pas question de remettre en cause la totalité des indemnités auxquelles un chômeur à droit, mais bien d’accroitre l’incitant à retrouver un emploi. Le but est d’augmenter les indemnités durant les premiers mois au chômage, pourquoi pas à hauteur du salaire et d’avoir une dégressivité plus importante ensuite, sans encore une fois toucher à « l’enveloppe » totale d’indemnités. Ce système d’incitant doit être envisager dans sa globalité, nous sommes bien conscients que toutes les professions n’offrent pas des possibilités de reconversion rapide et demande parfois de se (re)former afin de retrouver un emploi. Il est envisageable de combiner cette mesure à un gel des indemnités de chômage pour les demandeurs d’emplois en formation.

Dans le même ordre d’idée que la proposition précédente, les Jeunes MR suggèrent de limiter la période préavis à un an. En effet, tant du côté de l’employeur que de l’employé, il déjà est difficile d’aborder une période d’un an de manière sereine. La prolonger au-delà de cette période paraît déconnecté de la réalité économique, inhibe la mobilité de l’employé et complique les possibilités de reconversion et de remplacement du travailleur.

Le congé de parental est soumis à débats depuis longtemps et reste une source d’inégalité entre les hommes et les femmes. En effet, si personne ne peut nier le besoin pour une femme de récupérer après un accouchement, notre loi actuelle considère que c’est encore à la femme de s’occuper plus longtemps de l’enfant. Une interprétation archaïque. En effet, la loi actuelle prévoit 15 semaines de congés pour la femme et 10 jours pour l’homme. Nous souhaitons modifier cette mesure afin de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes. Notre proposition pour un congé de parentalité qui prévoirait 12 semaines de congé pour la femme, 4 semaines pour l’homme et 1 mois à se répartir entre les parents à leur meilleure convenance. 

Le nombre d’emplois vacants a fortement augmenté ces dernières années pour atteindre des taux presque record. Les listes de métiers en pénurie ont d’ores et déjà été établies en Flandre et en Wallonie. Si le nombre de métiers vacants ne permet pas d’absorber l’ensemble de chômeurs aujourd’hui, les combler permettrait de réduire le chômage global de manière significative. D’autant que nombre de ces métiers ne demandent pas des qualifications élevées. De plus, un nombre important de ces emplois vacants se trouve en Flandre, presque au plein emploi à l’heure actuelle. Il est primordial d’augmenter la mobilité de nos travailleurs afin de combler ce manque par des formations en langue notamment.

Le bien-être au travail est devenu un souci quasi générationnel aujourd’hui. Mais bien au-delà d’une préoccupation que certains qualifient parfois de confort, elle influence de manière positive le travail, en particulier sur la productivité et pour la dire plus crument sur la rentabilité de l’entreprise. La définition du bien-être au travail, qui date de 1996, recouvre aujourd’hui des aspects trop limités et trop en décalage avec les réalités du XXIe siècle#. Il est temps de repenser un nouveau cadre qui inclurait des revendications d’aujourd’hui auxquelles notre génération accorde de l’importance : l’équilibre vie privée/ vie professionnelle, le droit à la déconnexion, le télétravail ou encore des horaires repensés. Les possibilités offertes par le numérique sont nombreuses. De plus, à l’heure où les entreprises luttent parfois pour se démarquer d’un point de vue salarial, des conditions de bien-être supérieur peuvent clairement aider à sortir du lot.

Certaines études démontrent qu’un nombre négligeant de facteurs sur un CV peuvent activer des stéréotypes, malgré la bonne volonté du recruteur, et diminuer les chances d’un candidat à obtenir un poste. Si un CV anonyme ne permet pas d’en gommer tous les défauts (mauvais présentation, fautes de français, trous dans le parcours), il permet de limiter la discrimination parfois involontaire et donner sur base d’un CV équivalent les mêmes chances à chacun.