Protection et exploitation des données

Protection et exploitation des données

Les géants d’Internet, les fameux GAFA, simple acronyme des monstres de la toile «Google Amazon Facebook et Apple» ont clairement orienté leur business model dans une course effrénée vers la récolte et l’exploitation de données de leurs utilisateurs. Ces données relèvent bien souvent du privé. L’interprétation de celles-ci, pour quasiment toutes les entreprises, représente une véritable mine d’or d’un point de vue marketing. Les entreprises ne sont pas les seules à blâmer. Les comportements individuels et l’exposition volontaire de données, parfois en méconnaissance totale des conséquences, sont aussi à pointer du doigt.

L’énorme masse de données disponibles et la connectivité posent un enjeu énorme. Il faut être capable de protéger les données des entreprises et des individus, de la manière la plus sûre possible. Et cela tout en informant ces derniers sur les risques qu’engendrent leurs comportements sur Internet en général mais aussi sur les réseaux sociaux.

Les Jeunes MR préconisent la responsabilisation de chaque individu. Pour que celle-ci soit effective, il incombe au pouvoir public d’informer suffisamment tout un chacun. Ces campagnes de sensibilisation ne se limiteraient à aucune tranche d’âge et devraient se traduire par différentes approches.
La mise en place d’un site web pédagogique, à l’instar du site « Webwise » en Irlande, nous semble être une bonne source d’inspiration. Cette initiative publique a pour but de toucher principalement ceux qui surfent déjà mais qui sont peut-être mal informés sur les conséquences des actes qu’eux ou leurs proches posent sur Internet. Il serait opportun de développer une initiative similaire à destination de publics aguerris à l’utilisation du web.
Parallèlement, les publics moins habitués au surf sur la toile doivent aussi être sensibilisés, notamment via l’implémentation de campagnes de sensibilisation dans des médias plus «classiques» (journaux, télévisions).  Cependant, au-delà de la volonté de conscientisation, nous souhaitons mettre d’autres solutions en place et cela de façon plus pratique afin de faciliter la lecture et la navigation sur Internet (voir proposition ci-dessous).
Comme souligné précédemment, un des grands enjeux du web, aujourd’hui, est la collecte de données. Cette volonté de posséder toujours plus d’informations pose plusieurs difficultés.

Une des premières préoccupations de l’utilisateur est de savoir déceler sur un site internet s’il est effectivement en train de révéler des données qui pourront être utilisées plus tard et si ces données sont collectées de manière anonyme ou non. Les conditions générales sont souvent des documents au jargon législatif très lourd dont il n’est pas toujours aisé de saisir la portée et l’implication. Aux Jeunes MR, il nous apparait primordial que ces informations soient rendues plus facile d’accès qu’actuellement.

Chaque individu devrait avoir la possibilité d’effacer tout contenu le concernant et ce, de manière définitive. Tout le monde a déjà tapé au moins une fois son nom dans un moteur de recherche afin de savoir ce qui se trouvait sur le web et il n’est pas rare d’y retrouver quantité d’informations personnelles. C’est dans cette optique que la Cour de justice de l’Union européenne s’est prononcée plusieurs fois en faveur de l’instauration d’un droit à l’oubli qui prendrait la forme d’un effacement ou d’un arrêt de référencement pour un certain nombre de termes liés personnellement à un individu.
Ce passeport électronique prendrait la forme d’une trace électronique reprenant le parcours d’un individu sur Internet à titre purement privé et qui pourrait servir lorsque cette personne, par exemple à sa majorité, décide de retirer les contenus qui lui sont personnellement liés sur la toile et auxquels il n’adhère pas ou plus.

De manière générale, la révolution numérique contient en son sein une menace majeure, dont il est assez aisé de comprendre les enjeux. De plus en plus de contenus sont aujourd’hui numérisés, le nombre d’informations disponibles en ligne est tout bonnement pharamineux.
Avec les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), la connectivité et, de facto, l’ouverture sur le monde de toutes les entreprises, mais aussi de grandes infrastructures publiques, s’est accru.
Les TIC ont rendu le monde du numérique à la fois très complexe et très interconnecté. Toutes les entreprises sont aujourd’hui vulnérables à des attaques informatiques qui ont généralement pour but de récupérer des données confidentielles sur l’entreprise mais aussi sur ses clients.
Au but criminel et à la motivation financière s’ajoute la volonté de certains États de mener une véritable cyberguerre. L’exemple du virus Stuxnett développé par l’armée israélienne avec l’appui de la Central Intelligence Agency est terrifiant. Celui-ci avait pour but de nuire, voire de détruire les fameuses centrifugeuses nucléaires iraniennes. À la suite sans doute d’une erreur humaine, dont il est impossible de déterminer la nature, ce virus s’est retrouvé sur le net, à la portée de tous, en tout cas de personnes capables de l’exploiter. Ce virus avait pour but de dérégler un appareil Siemens présent dans un grand nombre d’industries (chimiques, nucléaires et électriques). Pour beaucoup d’observateurs, la présence de ce virus sur le net aurait pu causer une terrible réaction en chaine pour toutes les industries qui auraient été affectées et provoquer une défaillance généralisée.
Il devient impératif pour la Belgique et pour ses entreprises de se protéger contre des attaques extérieures. Il appartient au pouvoir public d’encourager les initiatives allant dans ce sens.

L’abondance de données et leur facilité d’accès possèdent également beaucoup d’aspects positifs. L’Open Data en est peut-être le meilleur exemple. Il est possible de définir ce secteur comme suit : « […] l’idée que certaines données devraient être librement accessibles afin de les utiliser et de les republier autant de fois que souhaité, sans restrictions du droit d’auteur, des brevets ou d’autres mécanismes de contrôle »3. Le nombre de données numérisées est en constante expansion et, avec elle, le nombre de paires d’yeux nécessaires pour les analyser doit également se démultiplier. Il est temps de permettre au plus grand nombre de jeter un regard neuf sur des données autrefois réservées à quelques-uns dont la créativité se limite à leur domaine de compétence.
À titre d’exemple, pendant longtemps la NASA a essayé sans succès de prédire avec précision les éruptions solaires, qui peuvent notamment causer des dommages aux satellites mais aussi aux cosmonautes présents dans l’espace sans protections adaptées. L’agence a alors décidé de poster en ligne toutes les données qu’elle avait récoltées sur le sujet. C’est finalement un ingénieur retraité du New Hampshire, spécialisé en ondes radio, qui a mis au point un modèle de prédiction des éruptions ultra-performants. Pourtant, il ne disposait d’aucune formation en astrophysique mais c’est précisément parce qu’il a attaqué les données sous un angle différent, celui des ondes électromagnétiques, qu’il a su développer un modèle robuste.

Les cas où une certaine libération des données publiques, pour autant que celles-ci soient anonymisées, pourrait permettre de nouveaux partenariats Public/Privé sont très nombreux. Sur un sujet comme la mobilité, il apparait de manière évidente qu’il serait intéressant que le plus grand nombre se penche sur ces données.
À Bruxelles, pour un plan efficace, il faudrait réunir quantité de données différentes (usagers des transports en commun, des voitures, les véhicules de nettoyage, les cyclistes, etc). Permettre au plus grand nombre de les analyser multiplierait les chances de succès.